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Moyens Intermédiaires de Transport
Les populations des zones rurales utilisent plusieurs moyens de transport pour accéder aux services économiques et sociaux de base et pour transporter les marchandises. Ils vont des moyens de transport les plus élémentaires – la marche et le port de marchandises sur la tête ou le dos – au transport motorisé à grande échelle. Entre ces deux extrêmes, il existe un large éventail de Moyens intermédiaires de transport (MIT) pouvant accroître les capacités de transport et réduire les corvées humaines sans les coûts élevés liés aux grands véhicules à moteur. Ces moyens intermédiaires comprennent les véhicules à une ou deux roues, tricycles, voies navigables (pirogues bon marché), etc. actionnés par un moteur ou un animal (bêtes de somme et charrettes tirées par des animaux, par exemple, les chameaux, ânes, mules, bœufs et/ou chevaux).
Les MIT jouent un rôle important dans les services de transport rural, le transport routier et fluvial. Le manque de MIT est une cause de l’insuffisance et de la précarité des services de transport rural. La Banque mondiale estime que le transport en Afrique subsaharienne a un « milieu manquant » du fait de l’insuffisance criarde des MIT. À titre de comparaison, la Chine compte environ 270 bicyclettes pour mille personnes, alors que l’Afrique n’en dénombre que 35. Toutefois, dans la plupart des zones rurales, il y a des exemples réussis de mise en œuvre des MIT, soit par une initiative officielle du gouvernement central, soit en tant que résultante de la capacité des usagers à satisfaire leurs besoins élémentaires.
En Asie, par exemple, les MIT les plus remarquables sont ceux qui impliquent les bicyclettes et les motos. Les MIT dérivés des bicyclettes, tels que les vélo-taxis sont présents partout aux Philippines, les autos et vélos-rickshaws dans le sous-continent indien, les becaks, ainsi que les bicyclettes-remorques, en Indonésie.
Pour des raisons de vitesse, les gens ont commencé à fabriquer des MIT dérivés de motos. Nombre de ces MIT à base de motos sont largement utilisés, et même acceptés comme moyens de transport conventionnels dans certaines régions d’Asie. En Inde, il existe des tricycles motorisés ou des autos-pousse, des moto-taxis aux Philippines, et les Tuk-tuks en Thaïlande. Les moto-taxis et transporteurs de marchandises sont largement utilisés au Cambodge, au Vietnam et en RDP du Laos.
En Inde, au Bhoutan et au Népal, des MIT ont été mis au point pour le transport dans les zones montagneuses (téléphériques pour marchandises), et ces dispositifs sont utilisés pour traverser les rivières.
Normalement, ils réduisent considérablement la durée des déplacements et dispensent de la corvée du transport de marchandises sur les têtes ou sur les « Dokos » pour les longues distances.
La mise en œuvre des MIT doit être considérée comme un processus global qui comprend la conception, l’introduction, l’adoption des MIT par les bénéficiaires eux-mêmes. Une étude de marché approfondie doit être menée pour comprendre les besoins, préférences, priorités et le pouvoir d’achat des divers groupes d’utilisateurs finals.
La mise en œuvre des MIT est fortement influencée par leur coût, ainsi que par leur capacité à produire des bénéfices économiques. La viabilité financière globale peut dépendre du potentiel à générer des revenus. Pour cela, les systèmes de fabrication, de commercialisation et de distribution abordables doivent être pris en compte. Pour évaluer la durabilité, il importe de réaliser une analyse coûts-avantages. En Afrique subsaharienne, le faible recours aux MIT est très souvent lié aux problèmes de disponibilité et de distribution – problèmes qui nécessitent une solution urgente. Pour relever efficacement ces défis de mise en œuvre, il faut identifier tous les problèmes (et la façon dont ils sont liés) et les résoudre.
Les leçons des expériences passées montrent qu’un large éventail de MIT complémentaires peut coexister. Les différents MIT peuvent compléter les systèmes de transport motorisés, permettant le mouvement des individus et le transport des marchandises. Le taux de succès de l’adoption des MIT varie en Afrique, en Asie, aux Amériques et en Europe. La réussite de la conception et de l’application des MIT a tendance à être spécifique au contexte. Cela est dû aux (1) facteurs contextuels (topographie, infrastructures et démographie), (2) économiques, (3) industriels et (4) et sociaux (liés aux progrès technologiques).
La faible adoption des MIT dans la plupart des zones rurales en Afrique subsaharienne est liée aux problèmes de disponibilité et de distribution. La demande potentielle en MIT est grande, mais en raison de l’absence d’un mécanisme du marché, elle ne se traduit pas par une distribution effective. L’amélioration de la distribution stimule normalement la demande et incite à une adoption rapide. En outre, l’utilisation des MIT a été identifiée comme une activité génératrice de revenus car ils créent des emplois dans les services de transport, le commerce des pièces détachées et/ou la maintenance. Les expériences réussies des boda-bodas en Ouganda et des tricycles au Cuba et au Pérou en sont une preuve.
Pour accroître la disponibilité, il est nécessaire d'identifier ses facteurs contraignants. Très souvent, les problèmes de distribution sont dus à la faiblesse du pouvoir d’achat, notamment des utilisateurs. Un système de crédit approprié, des plans de production de revenus ou même les subventions peuvent être utilisés comme incitatifs aux exploitants des MIT. Les financements peuvent encourager les personnes à investir dans les MIT pour commencer à gagner de l’argent et un plan de crédit bien conçu et mis en œuvre peut permettre aux utilisateurs d’entretenir les MIT, rendant ainsi ce programme durable.
Pour que la technologie soit viable et adopté rapidement, une masse critique d’utilisateurs, d’exploitants et de fournisseurs est essentielle. Une masse critique signifie avoir suffisamment d'utilisateurs qui vont non seulement familiariser les potentiels nouveaux utilisateurs avec la technologie, mais également assurer le maintien des services d’assistance existants (fabrication, ventes et réparations).
La promotion des MIT doit inclure une approche sensible à la spécificité des sexes, prenant en compte les besoins, priorités et effets des femmes et des autres groupes vulnérables. Cela s’applique également à leur implication dans le processus de prise de décision en matière de politiques de transport et d’initiatives de MIT. Par exemple, des différences doivent être prises en compte dans la conception de certains MIT selon qu’ils sont destinés aux hommes ou aux femmes.
Un cadre réglementaire approprié, basé sur une étude approfondie des politiques de transport et des mécanismes de planification, peut également servir d’incitatif pour promouvoir les MIT. Dernier point, et non des moindres, la sécurité, qui est un autre facteur important. Cela va du port du casque au renforcement des capacités des auto-écoles locales, en passant par la conception de voies appropriées et de bas-côtés larges. Pour accroître le marché local de MIT, les gouvernements doivent non seulement s’impliquer davantage, mais également collaborer plus étroitement avec les parties prenantes de gouvernement central, du secteur privé et de la société civile.
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